Claude Larroque nous a quitté. C’est un grand joueur et un grand capitaine qui est parti.

Après avoir débuté au CAC, il a été international scolaire. Claude était très précoce et fit ses premiers pas à l’ouverture au Stade Toulousain à l’âge de 16 ans, excusez du peu ! Après un passage à Montauban, il est revenu à ses premières amours à Castelsarrasin.

Claude, je l’ai découvert avec mes yeux d’adolescent dans les années soixante au poste d’ouvreur puis d’arrière du CAC. Plusieurs titres de champion de France sont venus alors concrétiser de magnifiques saisons de nos ‘’Rouge et Blanc’’ : 1961, Honneur contre Couze Lalinde ; 1962, Excellence contre Moulins sous le capitanat de Claude au poste d’ouvreur ; 1967, deuxième division contre Oyonnax, Claude toujours capitaine occupait le poste d’arrière.

Tu étais un joueur porté sur l’offensive à outrance et tu avais réussi à entraîner avec toi une jeune génération avide d’échappées belles et de grands espaces.

Tu étais élégant, tu entraînais les autres par ton style et ta classe.

En 2010, pour mon livre ‘’Mémoire ovale en Tarn et Garonne’’, j’étais à la recherche de témoignages savoureux sur le rugby. Tu m’avais très gentiment reçu avec ta verve légendaire : ‘’C’est toi, le petit con qui veut des histoires ! Entre, tu ne vas pas être déçu ! ‘’ Une paire d’heures plus tard, j’étais reparti avec dans ma besace de nombreuses histoires croustillantes. Je dois bien l’avouer, après avoir été un joueur de haut niveau, tu étais aussi un formidable conteur !

En 2013, mon ami Jean Pierre Delbouys s’est lancé dans l’écriture d’un ouvrage « Une histoire du CAC dans sa ville ». J’ai œuvré à la recherche de documents pour ce livre de mémoire. Nous avons organisé des rencontres d’anciens joueurs dans le but de recueillir souvenirs et anecdotes. J’ai en mémoire une réunion que tu avais grandement animée. Tu étais insatiable et avec toi nous aurions eu de quoi écrire plusieurs recueils.

Joueur généreux, Claude l’était resté avec tous ses amis. Sur la place du château, la place de son enfance, celle du dancing ‘’Dutronc’’, les rugbymen de l’époque aimaient finir les soirées du dimanche après une halte au café Serres. Cette place où il avait fait ses premiers matchs de rugby à toucher, Claude aimait s’y retrouver avec ses amis de toujours. Combien d’après-midi à refaire le monde ovale, à faire revivre vos souvenirs du rugby et de votre club de toujours.

Au paradis du CAC, tu vas rejoindre d’autres vieux copains : le fidèle Jean Michel Cabanier, Jacques Ciancia, Jacques Labrolie, Yves Marsoni, Pierrot Boyer, ton entraîneur de la grande époque Jean Mandrette… vos journées seront bien remplies. Des avancées de solides avants seront mêlées aux envolées de trois-quarts avec lesquels tu vas encore te régaler.

Claude, tu as illuminé le ciel ‘’Rouge et Blanc’’ d’étoiles filantes aussi rapides que tes lumineuses percées.

Les joueurs  du CAC d’aujourd’hui continuent d’attaquer, de percer, de marquer des essais … l’esprit de l’offensive est toujours présent mais les jeunes devront se souvenir qu’à l’époque tu avais su montrer la voie.

Dans la vie, il y a, Claude, des hommes qui passent et des hommes qui restent. Tu es Claude de ceux qui restent et le CAC sait ce qu’il te doit  pour toujours !

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2 Responses so far.

  1. Robert RIGAUD dit :

    C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Claude Larroque car pour le Caciste expatrié que je suis, le temps est resté figé sur cette époque bénie où le CAC enfilait les titres de Champion de France comme les perles avant de ferrailler au niveau des plus grands (Narbonne, Beziers, Grenoble, Montauban….)

    À l’évocation de Claude Larroque, deux mots me viennent à l’esprit et me semblent le décrire parfaitement:  »Rusé » et  »Joueur ».
    Claude était rieur et de bonne humeur, positif et taquin. de cette taquinerie qui est la manifestation la plus évidente de l’amitié.

     »Rusé ».
    A brule pourpoint,, sa ruse s’illustre sur deux séquences projetées sur l’écran de ma mémoire:
    Clap première: Au moment de délivrer le coup d’envoi, les avants rouge-et-blanc se plaçaient d’un côté, et lorsque l’adversaire avait placé ses troupes en prévision de l’affrontement à la réception, Claude se tournait prestement et délivrait le coup d’envoi de l’autre côté directement dans les bras d’un Salatge aux jambes de feu. Ce stratagème permit souvent au CAC de mener au score d’emblée. Toute la rouerie du bonhomme dès la première seconde.
    Clap deuxième: Autre manifestation de sa ruse: Claude, lorsqu’il jouait arrière, adorait s’intercaler à l’intérieur du second centre. Lorsque celui ci était en possession de la balle, Claude donnait de la voix et du geste  »A l’aile, à l’aile » ce qui incitait l’adversaire à se porter vers l’extérieur. Claude recevait alors le ballon à l’intérieur dans un espace libéré du second rideau. Je pense que plus que l’essai marqué, le fait d’avoir roulé l’adversaire l’excitait au plus haut point.
     »Joueur »
    Oui Claude s’amusait sur un terrain. Dans le plein sens du terme: il  »jouait » au rugby.
    Demi d’ouverture, il n’aimait pas défendre, et Jean Mandrette (le  »coach » comme l’appelaient les Ciancia) avait adapté un système de défense: Jean Ciancia montait à fond sur le  »10 » tandis que Claude couvrait en second rideau. C’est ainsi que Claude Larroque put récupérer, dans l’en-but rouge-et-blanc, des ballons tapés trop loin. Et là, nous savions ce qu’il allait faire. Il allait jouer ces ballons les plus risqués mais aussi les plus inattendus. Dans son en-but il prenait des risques, il esquivait l’adversaire, en feintait un, puis deux, revenait sur lui même, pirouettait, feintouillait. Quand il était évident que la tenaille se refermait sur lui, on entendait la grosse voix de  »Popaul Francazal » implorant tout rouge et hypertendu:  »Aplatis, aplatis »
    Neuf fois sur dix Claude Larroque aplatissait, sauvant Popaul de l’apoplexie. Mais la dixième fois la contrattaque fusait et les jambes des Belbis, Lajunies, Dagen, Dal Corso, Monté…. conduisaient à un de ces essais de 100 mètres qui faisaient hurler le public des vieilles tribunes de Ducau et ont fait la réputation du CAC de l’époque.
     »Il me fera mourir » disait Popaul, rouge et en sueur, avant de lancer dans des haut parleurs crachouillants le mythique  »Si tu vas à Rio » de Dario Moreno dont la tribune du foot renvoyait l’écho. C’était la stéréo, la Hi Fi de l’époque, haute fidélité très inférieure à celle que Claude Larroque eut pour le CAC.
    Je vois ces actions et j’entends ce son: Claude Larroque, comme Popaul, Jean Mandrette et autres ne s’éteindront jamais aux yeux de ceux qui ont eu le privilège de les côtoyer.

  2. Gauben dit :

    Robert rigaud (numéro 10 également) à conservé une très bonne et fidèle mémoire !!

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