Après une carrière de joueur bien remplie, de Bon Encontre, à Valence, en passant par Langon, Nicolas Deltour deuxième ligne de devoir, débarque au stade Adrien Alary avec ses nouveaux galons d’entraineur des avants du CAC Rugby.

Comment vous est venu l’idée de passer du statut de joueur à celui d’entraineur ?

J’ai eu une longue carrière de joueur, commencée comme minot au RCBB à Bon Encontre. J’ai connu des aventures humaines formidables, particulièrement en 2006 avec Valence d’Agen. Cette année-là, je venais de quitter Le Passage en Fédérale 3, parce que j’avais l’ambition de jouer au niveau supérieur, en Fédérale2. Et puis, le groupe a super bien marché. Je me rappelle que nous avions Castelsarrasin dans la poule. Nous avons fini champion et sommes montés en Fédérale 1. A l’époque, je découvrais un univers nouveau qui m’a conduit à changer de travail pour avoir plus de temps à consacrer à ma passion. Je suis resté pendant 9 ans à Valence. Comme dans mon école de rugby, à Bon Encontre, j’y ai beaucoup appris. A Valence, il a fallu que je bosse comme un forcené pour gagner ma place sur la feuille de match. Et puis, au plus mon expérience grandissait, au plus je participais à la construction du projet de jeu ou de la composition de mon équipe, j’avais l’oreille de mes coaches, je devenais de plus en plus leur relai sur le terrain. Et ça m’a plu. Alors, aujourd’hui, j’ai certes raccroché les crampons après 230 matches en Fédérale 1, mais, ce que je souhaite le plus, c’est conserver le contact avec ma passion, avec le terrain, en transmettant aux plus jeunes ce que j’ai appris pendant plus de trente ans de mes éducateurs puis de mes coaches et aussi de mes coéquipiers.

Pourquoi le CAC ?

C’est marrant parce que j’avais déjà été contacté par le CAC comme joueur, en 2015. J’avais failli signé car le projet, la structure du club, l’environnement m’avaient particulièrement séduit. Mais, comme je vous l’ai dit, je suis avant tout un compétiteur. Alors, lorsque Langon est venu me chercher pour continuer à jouer en Fédérale 1, j’y suis allé. Depuis deux ans, j’étais joueur mais aussi éducateur au sein de l’école de rugby de Bon Encontre et j’en ai profité pour passer tous mes diplômes d’entraineur. Depuis quelques semaines, j’étais en contact avec quelques clubs. Mais, lorsque Mouss Garioub m’a contacté, je me suis rappelé de ce moment où j’avais failli venir et je n’ai pas pu résister à entrainer dans ce club que je trouve attachant et qui joue les premiers rôles depuis très longtemps en Fédérale 2.

Quelle idée avez-vous de l’équipe ?

Je ne vais pas vous mentir. Avant le mois d’avril, je ne l’avais pas trop vu joueur. Je regardais tout de même les résultats sur Midi Olympique. Mais, c’est vrai que depuis un mois, j’ingurgite toutes les vidéos et le travail remarquable que réalise Cédric Terrenne sur les statistiques de l’équipe. Franchement, je trouve qu’il n’y a pas grand chose à jeter. Il y a peut-être quelques détails à ajuster, mais vraiment pas grand chose. Je pense que cette équipe avait tout pour se qualifier. Au-delà des péripéties, à mon avis, la qualification s’est jouée sur les deux premiers matches de la saison. L’équipe n’était peut-être pas suffisamment prête pour ce début de saison, face à deux ténors de la poule. Il faudra que nous arrivions à gommer ça. Ceci dit, en regardant les vidéos, je dois dire qu’au-delà des cadres, il y a quelques jeunes derrière et aussi devant qui sont d’un très bon niveau. J’ai déjà repéré quelques leaders.

Avez-vous déjà eu des contacts au sein du club ?

J’ai la chance de déjà connaitre Alex Gorcioaia, Tony D’Antona, Guillaume Sicard et Julien Gracia. J’ai déjà échangé avec quelques joueurs et je leur ai trouvé un très bon état d’esprit. Nous avons déjà beaucoup échangé avec Mouss Garioub et puis j’ai rencontré Jean-Marc David lors du seizième de finale de la réserve face à Morlaàs. Comme c’était sur le chemin, Jean-Marc est venu déjeuner à la maison et je crois pouvoir dire que nous avons d’emblée eu un bon feeling. Nous allons faire du bon travail ensemble. Ensuite, je suis en contact très régulier avec Cédric Terrenne qui fait un travail vidéo et statistique remarquable. Avec les staffs des juniors et des seniors, nous nous sommes déjà réunis plusieurs fois au cours du mois de mai.

Sur quoi allez-vous travaillé ?

Il faut que nous continuions à bosser sur le projet de jeu existant. Mais, une chose est sure, la conquête, l’alignement, les détails dans la zone de marque, la préparation physique et mentale seront au coeur de notre travail. Cet été, la préparation physique sera fondamentale car la Fédérale 2 est le haut niveau du rugby amateur. On ne peut pas ne pas être physiquement et mentalement prêt pour jouer les premiers rôles à ce niveau-là. Comme je le disais, la touche sera un secteur à travailler. J’ai remarqué que l’on a perdu trop de ballons sur des pénaltouches dans la zone de marque. Et c’est dommage. En tant que deuxième ligne de formation, je sais à quel point ce secteur est fondamental et que s’il n’est pas travaillé pendant quinze jours, tous les acquis s’estompent et qu’il faut alors tout reprendre à zéro. Nous avons besoin d’une conquête forte pour servir le jeu à la toulousaine produit par Castelsarrasin.

Avez-vous des appréhensions ?

La peur ne fait pas partie de mon ADN. La seule chose que je veux éviter c’est que, alors que je commence dans ces nouvelles fonctions, les gens voient en moi le deuxième ligne taiseux, qui aime le travail ingrat, un gars avec lequel le dialogue n’est pas possible. Ce que je souhaite plus que tout, c’est que le courant passe entre le groupe et moi afin que je puisse transmettre. Je vais m’y attacher.

Avez-vous une vie au-delà du rugby ?

Heureusement! Je trouve mon équilibre auprès de ma compagne, depuis 15 ans, et de mon fils de 9 ans et ma petite dernière de 4 ans. Et puis je travaille aux services techniques du centre hospitalier de La Candélie à Agen.

Extrait de La Dépêche du midi du 12 juin 2019

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